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BIOGRAPHIE SOMMAIRE

Je m'appelle Simone YAHIEL et je suis née à Paris le 18 novembre 1917. Je suis la dernière de la famille qui comprend déjà trois frères: René, Georges et Maurice. Mon père, né en Turquie, devient français en 1927 et ma mère Alice voit le jour dans le Nord de la France. Nos vies sont très liées à la profession de mon papa et nous déménageons souvent : la Suisse, le Danemark, la Finlande et la Belgique. C'est là que maman et moi nous nous trouvons lors de l'invasion du pays par les Allemands en 1940. Commence alors l'exode, alors que je suis déjà résistante. Lyon nous accueille après bien des péripéties. C'est au sein du réseau Brandy que toute la famille, sauf mon frère René prisonnier de guerre en Silésie, résiste. Arrêtée en gare de Lyon à Paris  sur dénonciation en juin 1943, je suis emprisonnée quelques mois à Fresnes et après un passage par Compiègne où je peux embrasser mon frère Georges,  je suis mise dans un train à destination de Ravensbrück. A Soissons je jette un message pour le parrain de guerre de mes frères qui habite Lyon, message transmis et que je récupèrerai plus tard. A Ravensbrück,  c'est l'enfer sur terre puis les mines de fer de Beendorf deviennent notre quotidien à ma maman et à moi. Nous occupons intelligemment nos journées à saboter. Résister encore et toujours malgré les forces qui s'amenuisent et le péril d'être pendues. Notre libération le 1er mai 1945 à Hambourg nous laisse un goût amer : mon père et mon frère Maurice ne reviendront pas de  Buchenwald et de Mathausen. Il nous faut reprendre la vie. C'est le retour à Bruxelles. Cinq ans après, j'ai repris mon métier la danse, mais comme professeur. Il faut dire que je descends d'une lignée de danseuses par ma mère. Je suis même l'arrière-petite-cousine de "la petite danseuse de quatorze ans" (Marie Van Goethem) sculptée par le grand Degas, mais chut ! La vie est difficile, sans le sou, il nous faut travailler d'arrache-pied. Nous ouvrons douze écoles de danse en Belgique et le Nord de la France. A Bruxelles, je fais connaissance du grand peintre Gaston Bogaert dont je m'occupe de la petite fille. Quelle famille merveilleuse !  En 1983, nous retournons en France où maman décède deux ans plus tard. En 1998, je commence à témoigner dans les établissements scolaires dans la région en particulier à Avesnelles devant les élèves de Marie-Françoise Potier puis, ultérieurement, devant ceux de mon ami Arnaud Richard.  Ces deux dernières années mes témoignages et le travail sur mon livre de mémoires prennent de plus en plus d'importance à mes yeux. C'est ma raison d'être. Je sais que je réussirai grâce à l'aide de mon grand ami Arnaud.

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